Le maximalisme du bitcoin contre la cryptomonnaie

Le maximalisme du bitcoin est une doctrine morale considérant que Bitcoin est le seul système de cryptomonnaie viable, qu’il doit occuper une position de monopole dans la sphère crypto-économique, et qui vise donc à décourager la formation et le développement de cryptomonnaies alternatives, notamment par l’attaque répétée des autres projets sur les réseaux sociaux.

Dans l’article précédent, nous avons vu que cette doctrine se fondait sur le fait que Bitcoin formait un système économique complexe, dont la sécurité et les qualités monétaires dépendaient de sa santé financière, et qu’il était par conséquent hautement désirable que la dominance du bitcoin soit la plus grande possible. Nous avons ainsi observé que les maximalistes se présentaient comme les cellules du système immunitaire de Bitcoin, dont le devoir était de réguler culturellement la communauté et de repousser les attaques sociales provenant des autres acteurs.

Aujourd’hui, nous allons examiner les raisons pour lesquelles cette doctrine est erronée, tant du point de vue monétaire que technique, et pourquoi elle a un impact négatif sur l’écosystème.

Notez que dans cet article nous parlerons du bitcoin comme une monnaie destinée à être utilisée par tous, un argent numérique pair-à-pair mondial, ce qui est la position généralement adoptée par les maximalistes, notamment quand ils décrivent l’avènement prochain du bitcoin comme une certitude. Il serait possible d’adopter une position plus prudente en considérant que Bitcoin est techniquement limité et qu’il n’atteindra jamais un usage généralisé (« Bitcoin est ce qu’il est »), mais ce n’est pas le sujet ici.

 

Bitcoin est-il indétrônable ?

Il est commun pour les maximalistes de présenter le bitcoin comme le roi des cryptomonnaies qui restera dominant en raison de son effet de réseau. Cependant, cet effet de réseau n’est aujourd’hui pas aussi puissant qu’il paraît l’être et Bitcoin n’est à mon avis pas indétrônable, bien qu’il risque de conserver sa position pendant encore quelques temps.

Tout d’abord, le symptôme clair de la fragilité de l’effet de réseau de Bitcoin est l’existence du maximalisme lui-même : si Bitcoin n’était pas mis en danger par sa concurrence, les maximalistes n’existeraient tout simplement pas. Nous avons d’ailleurs déjà remarqué que le maximalisme s’était initialement développé entre 2014 et 2015 lorsque le prix du bitcoin était au plus bas et que son effet de réseau commençait à s’affaiblir.

Ensuite, il faut remarquer que l’écosystème des cryptomonnaies est encore minuscule d’un point de vue financier si on le compare aux monnaies fiat ou à l’or : sa capitalisation boursière actuelle est de 250 milliards de dollars, loin des 15 000 milliards de la masse monétaire M3 du dollar et des 7500 milliards de la valeur du stock d’or mondial. De plus, cette valeur financière doit être considérée avec prudence puisqu’elle est surtout issue de la spéculation autour d’une technologie naissante, et pas de l’usage effectif de cette technologie. Ceci fait que rien n’est encore établi et qu’il peut encore y avoir des retournements assez rapides.

Les maximalistes aiment comparer Bitcoin à Internet parce que la suite de protocoles TCP/IP était la première de la sorte à voir le jour et a pu devenir un standard grâce à cet avantage, en dépit de la rude concurrence du modèle OSI lancé plus tard. Mais il ne faut pas généraliser et il existe de nombreux contre-exemples à l’avantage du précurseur : le français a longtemps occupé le statut de langue diplomatique internationale avant de tomber en désuétude au profit de l’anglais ; Google n’était pas le premier moteur de recherche ; Facebook a supplanté MySpace en tant que réseau social, etc.

Enfin, et c’est sans doute la raison la plus importante, le fait est que Bitcoin a des défauts majeurs et qu’on ne peut y remédier. En effet, le Bitcoin des maximalistes ne pourra pas changer sensiblement en raison de leur absence de compromis1 : si Bitcoin changeait sans leur approbation, alors il deviendrait, selon leur terminologie, une cryptomonnaie alternative. Ainsi, cette résistance au changement rend obsolète le principal argument qu’on pourrait faire en faveur de l’existence d’une seule cryptomonnaie, à savoir le fait qu’elle peut intégrer toutes les améliorations de ses concurrentes puisque tout est en source ouverte.

 

Le bitcoin est une mauvaise monnaie

Selon les maximalistes, le bitcoin est une monnaie saine, une monnaie librement choisie par le marché qui est à l’abri des ingérences étatiques. Mais pour qu’il soit choisi par les gens, il faudrait que le bitcoin dispose des qualités d’une bonne monnaie. Or ce n’est pas le cas.

La monnaie est l’intermédiaire d’échange par excellence. Ce qui fait qu’un bien est utilisé comme monnaie, c’est ce qu’on appelle sa cessibilité (de l’allemand Absatzfähigkeit, traduit en anglais par saleability ou salability), c’est-à-dire la facilité avec laquelle ce bien peut être échangé sur le marché dès que son détenteur le désire et en encourant le moins de perte de valeur possible. Ce concept, décrit en 1892 par Carl Menger dans son essai On the Origin of Money, se rapproche donc du concept de liquidité, ce qui fait que de nombreuses personnes définissent la monnaie comme le bien le plus liquide : c’est d’ailleurs pour cela qu’on parle « d’argent liquide » en français.

Une bonne monnaie doit avoir une cessibilité élevée qui s’adapte aux circonstances des échanges économiques. D’abord, la monnaie doit être cessible à travers l’espace : il faut qu’elle soit portable, c’est-à-dire que l’énergie ou le coût pour la déplacer doit être moindre. Ensuite, sa cessibilité a aussi besoin de se faire dans le temps : la valeur de la monnaie doit être stable et pour cela il faut qu’elle soit durable et rare. Enfin, la monnaie doit posséder une cessibilité qui s’ajuste à l’échelle : le bien utilisé doit être divisible et fongible, c’est-à-dire qu’il doit être possible de le diviser en petites unités et qu’on ne doit pas discerner une unité d’une autre. Cette triple adaptation à l’espace, au temps et à l’échelle se retrouve dans les trois fonctions de la monnaie : intermédiaire dans les échanges, réserve de valeur et unité de compte.

Le problème, c’est que les maximalistes, et malheureusement beaucoup de bitcoineurs, ont tendance à se focaliser sur la fonction de réserve de valeur du bitcoin, qui provient notamment de sa durabilité et de sa rareté, tout en négligeant ses autres fonctions. Assez étrangement, ils s’imaginent que la monnaie acquiert d’abord son statut de réserve de valeur pour ensuite devenir un intermédiaire dans les échanges et enfin une unité de compte.

 

L’évolution monétaire du bitcoin selon Murad Mahmudov (cliquer sur l’image pour agrandir)
L'évolution monétaire du bitcoin selon Murad Mahmudov

 

En cela, ils oublient que la monnaie, dont le rôle unique est de servir de moyen d’échange indirect sur le marché, obtient son statut de monnaie2, non pas en acquérant chacune de ces fonctions individuellement, mais plutôt de manière simultanée et progressive, les trois fonctions se complétant mutuellement. Ainsi que l’écrit Ludwig von Mises dans sa Théorie de la monnaie et du crédit publiée en 1912 :

La monnaie est un bien dont la fonction économique est de faciliter les échanges réciproques de biens et de services. […] [Ses fonctions secondaires] peuvent toutes être déduites du rôle de la monnaie comme moyen d’échange commun.

La fonction de moyen d’échange est donc indissociable de la fonction de réserve de valeur, et c’est la raison pour laquelle la plupart des gens épargnent leur richesse en monnaie fiat en dépit de l’inflation : car ils peuvent avoir un accès direct, immédiat et sans friction à d’autres biens et services. Cela est d’autant plus vrai pour le bitcoin qui, contrairement à l’or, n’a (quasiment) aucune valeur non monétaire, et dépend par conséquent de sa fonction d’intermédiaire d’échange pour garder son prix.

Ainsi, pour devenir la monnaie saine tant louée, le bitcoin ne doit pas seulement être un bien rare et inconfiscable, mais il doit aussi avoir une cessibilité qui s’adapte bien à l’espace et à l’échelle, choses qui lui font cruellement défaut.

 

Les deux problèmes de Bitcoin

Bitcoin souffre de problèmes intrinsèques qui ont des conséquences néfastes sur sa nature de système monétaire. En particulier, deux problèmes majeurs impactent le bitcoin : son manque de portabilité, qui est caractérisé par des frais de transactions et des temps de confirmations élevés, et son manque de fongibilité, issu de la faible confidentialité de sa chaîne.

Le premier problème majeur du bitcoin est son manque de portabilité qui est directement lié aux problèmes de passage à l’échelle de son protocole. Comme on l’a vu dans le précédent article, la capacité transactionnelle du réseau est artificiellement limitée par une taille limite des blocs afin de préserver une décentralisation maximale du réseau. Cette limitation provoque depuis 2017 des congestions périodiques du réseau Bitcoin : les transactions en attente de confirmation s’accumulent dans la zone mémoire des nœudsmempool »), ce qui fait grimper les frais de transaction par un phénomène d’enchères successives. Les utilisateurs sont alors contraints d’attendre que la congestion passe (ce qui peut prendre plusieurs jours), ou bien de payer des frais plus grands pour que leur transaction soit confirmée.

 

Taille moyenne des blocs de BTC entre 2013 et 2019
La taille des blocs entre 2013 et 2019. Avant SegWit la taille des blocs était limitée à 1 Mo ; depuis SegWit, la restriction est définie de manière plus complexe3 mais est toujours très contraignante.

 

Ce phénomène de quota est vu comme nécessaire par les maximalistes : pour eux, il contribue à créer un marché des frais pour payer pour la sécurité de Bitcoin. Mais il a pour conséquence d’amoindrir considérablement la portabilité du bitcoin, notamment lors des périodes d’engouement spéculatif comme en décembre 2017 où les frais de transaction médians atteignaient les 30 $, ou lors de l’été dernier où ils dépassaient les 3 $.

Les maximalistes ont tendance à croire que le problème de scalabilité sera résolu par des solutions (miracles) de surcouche comme le réseau Lightning et les chaînes latérales, mais à mon avis ce ne sera pas suffisant. D’abord, ces solutions ont leurs défauts et leurs limitations propres : le réseau Ligthning par exemple, a des problèmes inhérents de sécurité, de scalabilité et de liquidité. Ensuite, puisque la croissance des frais rendra la chaîne de blocs inutilisable pour beaucoup de personnes, la décentralisation de ces couches supérieures sera considérablement impactée par l’impossibilité économique de revenir sur la couche de base. Ainsi, sans une augmentation de la capacité transactionnelle du protocole Bitcoin comme le préconise Thaddeus Dryja (l’un des co-concepteurs du réseau Lightning), le manque de portabilité du bitcoin pourrait perdurer.

Continuons avec le second problème majeur de Bitcoin, qui est son manque de confidentialité. Dans Bitcoin, le registre des transactions n’est pas anonyme, mais pseudonyme : les bitcoins sont transférés entre des adresses publiques détenues par les utilisateurs, de telle sorte qu’en principe on ne peut pas savoir à qui appartient quoi. Cependant, à cause de la multiplication des procédures d’identification (KYC/AML) par les plateformes d’échange et de l’analyse de chaîne (notamment réalisée par Chainalysis), cette relative confidentialité est clairement remise en cause, et ce d’autant plus que la mauvaise portabilité du bitcoin pousse les gens à passer par l’intermédiaire de services tiers.

Il existe une méthode d’anonymisation directement applicable sur Bitcoin : il s’agit du mélange de pièces (appelé CoinJoin) qui permet aux utilisateurs de brouiller les pistes en envoyant leurs fonds dans une transaction commune. Mais les problèmes de scalabilité de Bitcoin pourraient rendre cette méthode assez peu fiable et très onéreuse pour les petits montants, ce qui contraste directement avec l’utilisation massive qui en est faite par Dash (PrivateSend) ou par Bitcoin Cash (CashShuffle), cryptomonnaies offrant des frais faibles de manière quasi permanente. De plus, d’autres protocoles disposent d’une meilleure confidentialité en exploitant des techniques cryptographiques : Zcash utilise des preuves à divulgation nulle de connaissance pour augmenter l’opacité de certaines transactions, et Monero se base entre autres sur les signatures de cercle pour obtenir un haut niveau d’anonymat général.

Pour en revenir aux caractéristiques monétaires, ce manque de confidentialité impacte directement la fongibilité du bitcoin. En effet, l’absence d’anonymat permet de différencier les pièces de bitcoin et de leur attribuer des valeurs distinctes. En témoigne notamment le développement du commerce des « bitcoins vierges », c’est-à-dire des bitcoins fraîchement minés, n’étant pas « salis » par des transactions illégales et qui se vendraient 20 % au-dessus du prix du marché. Ce manque de fongibilité pose un problème important pour un bien qui veut être une monnaie : pour accepter le bitcoin, le commerçant devrait préalablement s’assurer que les bitcoins payés ne soient pas volés ou n’aient pas été impliqués dans des affaires criminelles, ce qui alourdirait profondément les échanges. Pire : si un État bannissait la détention de bitcoins ou menaçait de le faire, l’insuffisance de confidentialité impacterait d’autant plus la cessibilité du bitcoin dans le pays concerné.

Enfin, quant à savoir si le bitcoin est le seul à pouvoir être durable et rare, et si les autres cryptomonnaies ne peuvent pas atteindre le même degré d’immuabilité, c’est à mon avis une question ouverte. Comme on l’a dit dans l’article précédent, la possibilité de faire tourner un nœud du réseau et la politique monétaire déflationniste du bitcoin sont garanties par l’inaltérabilité des règles de consensus, et cette inaltérabilité est garantie par une norme culturelle forte, un point de Schelling dont les maximalistes sont les premiers défenseurs (« Toute tentative de changer Bitcoin est une arnaque ! »). À ceci, je répondrai que la norme culturelle défendue par la communauté pourrait ne pas concerner toutes les règles de la même façon : certains aspects du protocole, dont la politique monétaire, seraient maintenus par l’absence de compromis, tandis que d’autres, comme la taille limite des blocs, pourraient être moins bien définis et dépendre des avancements technologiques. Ainsi, on ne peut selon moi exclure la possibilité que, au fur et mesure du temps, d’autres cryptomonnaies puissent devenir de bonnes réserves de valeur.

Quoi qu’il en soit des autres cryptomonnaies, le bitcoin des maximalistes est loin de constituer la monnaie idéale qu’ils vantent en permanence, et sa rigidité quasi absolue face au changement, qui lui donne sa force actuelle, pourrait devenir, à long terme, la plus grande de ses faiblesses.

 

D’autres usages des registres distribués

La cryptomonnaie ce n’est pas que la monnaie, et l’usage qu’on peut faire d’un protocole crypto-économique n’est pas limité au simple transfert de valeur. En effet, deux autres catégories d’utilisations existent : l’usage notarial, c’est-à-dire la garantie de l’authenticité de données, et l’usage « contractuel » passant par le biais de contrats autonomes (smart contracts), c’est-à-dire de programmes informatiques dont l’exécution se fait par l’intermédiaire d’une chaîne de blocs et ne nécessite donc pas l’intervention d’un tiers de confiance. C’est la création de Bitcoin qui, en apportant un registre réputé immuable et une possibilité de programmer la monnaie, a permis à ces usages annexes de voir le jour.

Cependant, Bitcoin est nécessairement limité, notamment par son modèle de sécurité qui requiert que la taille des données et le nombre d’opérations restent suffisamment bas. C’est pour cela qu’on a vu d’autres protocoles, faisant d’autres compromis et ayant des modèles de sécurité différents, se spécialiser dans ces usages. Ethereum en est sans doute le meilleur exemple : l’éther a en effet été créé dans le but de servir principalement de carburant à la plateforme (Vitalik Buterin parle de « cryptofuel »), et pas de réelle monnaie comme le bitcoin. Les usages notariaux et contractuels étant moins sensibles que la monnaie, Ethereum peut se permettre d’être moins décentralisé et plus flexible que Bitcoin.

Satoshi Nakamoto lui-même n’était pas hostile à cette idée, et, dans l’un de ses derniers messages en décembre 2010, il avait donné son avis sur le projet BitDNS, qui allait devenir Namecoin en 2011 :

Empiler tous les systèmes de quorum par preuve de travail dans une seule base de données ne passe pas à l’échelle. Bitcoin et BitDNS peuvent être utilisés séparément. […] Les réseaux ont besoin d’avoir des destins différents. Les utilisateurs de BitDNS pourraient être complètement tolérants vis-à-vis de l’ajout de fonctionnalités permettant de traiter des données volumineuses puisque peu de registraires de noms de domaine seraient nécessaires, tandis que les utilisateurs de Bitcoin pourraient devenir de plus en plus sectaires à propos de la limitation de la taille de la chaîne de sorte que son accès reste facile pour beaucoup d’utilisateurs et pour de petits appareils.

Mais ce n’est pas l’avis des maximalistes qui rejettent en bloc tous les modèles crypto-économiques autres que Bitcoin, et font par conséquent une critique intransigeante de la « technologie blockchain », le terme utilisé par les médias pour désigner l’ensemble des technologies de consensus sur des systèmes distribués. En fait, ils sont si inflexibles qu’ils en sont arrivés à transformer le motto fallacieux « blockchain not Bitcoin », popularisé par Blythe Masters en 2015, en la proposition inverse qui est encore plus surréaliste : « Bitcoin not blockchain ». En effet, selon leur doctrine, le seul usage qu’on puisse faire d’une chaîne de blocs est l’usage monétaire, et la seule chaîne à même d’y parvenir est celle de Bitcoin. C’est pourquoi beaucoup de maximalistes en vont jusqu’à insulter Andreas Antonopoulos, bitcoineur convaincu, célèbre conférencier et auteur de Mastering Bitcoin, qui partage la vision d’un écosystème varié et qui soutient Ethereum.

 

Tableau décisionnel de la blockchain selon Saifedean Ammous
Tableau décisionnel de la blockchain selon Saifedean Ammous

 

Il est dur de juger de la pertinence d’Ethereum, mais tout indique que son utilisation est vouée à grandir et que l’éther conservera sa valeur à long terme. À l’instar de Bitcoin, Ethereum jouit d’un effet de réseau en tant que précurseur dans sa catégorie, ce qui lui donne un avantage non négligeable par rapport aux autres plateformes du même type, et ce malgré sa nature changeante et hasardeuse.

Ainsi, à l’avenir, il est probable qu’on voie une diversité de protocoles de registres distribués émerger, et que chacun d’entre eux aura ses propres compromis pour s’adapter au mieux à l’usage visé.

 

Le maximalisme est un tribalisme toxique

Le maximalisme est un tribalisme toxique qui cherche à écraser les cryptomonnaies alternatives au bitcoin. Les maximalistes semblent être devenus les meneurs idéologiques de la communauté de Bitcoin et, tels des missionnaires en charge de répandre la bonne nouvelle, ils diffusent leur propagande partout où ils le peuvent : sur les réseaux sociaux, dans les médias les plus généralistes et même dans les livres pour enfants4 !

Parmi leurs pratiques, on retrouve l’injonction à accumuler des bitcoins, qui se matérialise le plus souvent par la répétition de courtes phrases en anglais comme « buy bitcoin » (achetez du bitcoin) ou « stack sats » (entassez les satoshis) et par la mise en valeur de la fonction de réserve de valeur du bitcoin. Et quand le prix de cette « réserve de valeur » s’effondre avec la volatilité qu’on lui connaît, ce sont les expressions « buy the dip » (achetez la baisse) et « HODL5 » qui ressortent. La réalité est que cette injonction contribue directement à la valorisation du bitcoin, donc à la santé du système entier, et que c’est pour cela que les maximalistes appellent autant à l’accumulation. D’ailleurs, l’une des quatre vérités de Giacomo Zucco que j’avais évoquées dans le premier article, était que « toute tentative de pousser quelqu’un à dépenser du bitcoin [était] une arnaque », qui sous-entend que celui qui dépenserait ses bitcoins les donnerait à quelqu’un d’autre qui pourrait les vendre à vil prix et faire baisser le cours.

Mais la pratique la plus détestable des maximalistes est sans doute l’attaque gratuite contre les différentes cryptomonnaies et contre les services qui acceptent ces autres cryptomonnaies comme Coinbase et Bitpay. Premièrement, cette attitude est directement nuisible à l’intérieur de l’écosystème (les gens investis dans des projets « sans intérêt » ne reviendront pas vers Bitcoin parce qu’un maximaliste leur a dit qu’ils étaient des shitcoiners, bien au contraire), et même au sein de la communauté de Bitcoin. Secondement, elle donne une image exécrable de Bitcoin et des cryptomonnaies à l’extérieur de notre microcosme : les maximalistes font paraître les bitcoineurs comme des gens sectaires et fermés, des spéculateurs intéressés uniquement par le prix (« number go up »), qui répètent sans cesse que le bitcoin est un or numérique qui ne doit pas bouger, ce qui dissuade clairement l’arrivée de nouveaux utilisateurs souhaitant l’utiliser comme un moyen de paiement.

Ainsi, ce tribalisme des maximalistes nuit directement au concept d’argent liquide électronique pair-à-pair qu’est censé représenter Bitcoin. En d’autres termes, le maximalisme est toxique pour la cryptomonnaie. Pour citer les mots de Ferdous Bhai, un bitcoineur profondément agacé par le maximalisme :

Si nous continuons d’éloigner les utilisateurs en prenant des positions extrêmes et absurdes, alors l’effet de réseau de Bitcoin arrêtera de grandir, et les monnaies alternatives possédant un écosystème plus sain finiront par gagner. […] Je veux voir Bitcoin gagner, et je continuerai de construire et de soutenir les entreprises qui rendent Bitcoin meilleur, plus fort et plus accessible. Dans ce processus, nous ne devons jamais perdre de vue notre objectif. Bitcoin n’est pas l’objectif final ; c’est un moyen d’atteindre l’objectif d’une monnaie dénationalisée, sans permission et résistante à la censure, que nous pouvons choisir d’utiliser ou de ne pas utiliser volontairement, sans coercition, ingénierie sociale ou menace de violence.

 

La coexistence des cryptomonnaies

Le maximalisme est donc une idéologie défendant un monopole du bitcoin dans l’écosystème des cryptomonnaies, par le biais d’une propagande continuelle ayant pour but de raffermir l’effet de réseau de Bitcoin. Pour les maximalistes, la coexistence des systèmes crypto-économiques semble non seulement inutile mais profondément néfaste pour Bitcoin. Cependant, comme on l’a vu ici, le bitcoin n’est pas la monnaie saine tant louée et Bitcoin n’est pas une bonne plateforme adaptée à tous les usages, et il est donc inévitable que des concurrents apparaissent.

Bitcoin-BTC représente le protocole le plus conservateur de l’écosystème : à cause du phénomène d’ossification, il est très dur d’y intégrer de nouvelles fonctionnalités, et quand cela se fait tout de même, le processus est lent et douloureux, ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose. Le problème c’est que les maximalistes rabâchent continuellement que Bitcoin est le seul système de cryptomonnaie viable et que tous les autres sont voués à disparaître. En cela, ils semblent négliger la notion hayékienne de la concurrence comme un processus de découverte. L’écosystème est en effet encore naissant et tous les protocoles crypto-économiques, dont Bitcoin, peuvent encore être qualifiés d’expériences incertaines. Il est donc très raisonnable de penser que la coexistence pacifique des différents systèmes est bénéfique pour la cryptomonnaie en général, dans le sens où de meilleurs modèles pourraient être découverts et où les erreurs de certains protocoles donneraient des indications sur ce qu’il ne faut pas faire.

De plus, il est possible qu’à terme la possibilité d’accéder aux taux de change en direct et de pouvoir échanger une cryptomonnaie contre une autre de manière quasi instantanée et décentralisée (échanges atomiques, interopérabilité), pourrait maintenir une coexistence de cryptomonnaies ayant des caractéristiques différentes. Tout comme l’argent était utilisé aux côtés de l’or pendant des siècles à cause du problème de divisibilité de ce dernier, divers systèmes pourraient se développer en parallèle à Bitcoin pour compenser ses défauts potentiels.

Quoi qu’il en soit, nous poursuivons tous le même idéal de liberté monétaire et de désintermédiarisation du système financier. Plutôt qu’attaquer en permanence les alternatives à Bitcoin, les bitcoineurs passionnés feraient mieux de se concentrer calmement sur leur cryptomonnaie, voire même d’encourager l’usage des cryptomonnaies en général. L’idée n’est pas de tomber dans l’excès inverse : il existe assurément des jetons numériques sans intérêt qui sont soutenus et vendus par des personnes malhonnêtes et frauduleuses. Mais il serait profitable de communiquer de façon bienveillante et argumentée plutôt qu’adopter une attitude toxique et stérile.

Finalement, à l’image de Satoshi Nakamoto lorsqu’il était encore actif, nous devrions nous comporter de manière exemplaire pour que les contributeurs et utilisateurs futurs voient en nous des modèles à imiter et qu’ils œuvrent, eux aussi, à l’essor de la monnaie libre.

 

Lever de soleil essor des cryptomonnaies small jpg

 


Notes

1. Les seuls changements du protocole tolérés par les maximalistes sont les modifications rétrocompatibles qui restreignent les règles de consensus, qu’on appelle improprement soft forks. Ces modifications sont des mises à niveau du protocole qui n’obligent pas les nœuds non miniers et les autres infrastructures à se mettre à jour, ce qui permet ainsi de conserver l’effet de réseau de Bitcoin. Cependant, tous les soft forks ne sont pas acceptables car il est techniquement possible de changer la politique monétaire du bitcoin ou d’augmenter la capacité transactionnelle par cette méthode de mise à jour. Pour en savoir plus, vous pouvez lire mon article à ce sujet.

2. La monnaie n’a pas vraiment de statut, et il n’y a aucune distinction nette entre une monnaie et une non-monnaie. D’après Hayek dans Pour une vraie concurrence des monnaies :

Ce que nous observons est bien davantage un continuum dans lequel des biens dotés de différents degrés de liquidité, ou dont les valeurs fluctuent indépendamment les unes des autres, se confondent partiellement par le degré auquel ils peuvent être utilisés en tant que monnaie.

C’est ainsi qu’on peut considérer qu’il existe un multitude de monnaies (appelées « devises » par certains), et que les cryptomonnaies peuvent être désignées sous ce nom dans le sens où elles servent effectivement d’intermédiaire d’échange au sein de leurs communautés respectives, bien que leur liquidité soit très en deçà de celle des monnaies traditionnelles.

3. Depuis l’activation de SegWit, la grandeur restreinte par le protocole est le poids des blocs, qui ne peut pas dépasser les 4 millions d’unités. Cette limite autorise théoriquement la taille réelle des blocs à approcher les 4 Mo, mais en pratique celle-ci avoisinerait plutôt les 2 Mo dans le meilleur des cas. Le graphique ci-dessous montre l’évolution du poids moyen des blocs entre 2013 et 2019, calculé rétrospectivement. Les congestions du réseau ont généralement lieu lors des périodes où le poids des blocs atteint la limite des 4 millions d’unités de façon répétée.

Poids moyen des blocs de BTC entre 2013 et 2019

4. Bitcoin Money: A Tale of Bitville Discovering Good Money est un petit livre écrit par Michael Caras qui raconte l’apparition de la monnaie au sein d’une société d’enfants et qui fait l’apologie de Bitcoin. Vers la fin du livre, des enfants créent leurs propres copies de Bitcoin, présentées très caricaturalement comme des monnaies qui demandent de faire confiance aux personnes qui les ont créées, à l’instar des monnaies fiat.

5. « HODL » est une déformation orthographique du mot « hodl » qui signifie ici « conservez [vos bitcoins], ne vendez pas ». Ce mème provient à l’origine d’un utilisateur du forum Bitcointalk qui avait, probablement éméché, créé un sujet intitulé « I AM HODLING » à la suite d’une baisse du cours pour expliquer qu’il était un mauvais tradeur et qu’il fallait qu’il change de stratégie. Cinq années plus tard, interrogé par Coindesk, cet homme déclarait qu’il était déçu de ce que son expression était devenue. Pour le citer :

J’aime Bitcoin lui-même mais je ne suis pas particulièrement un maximaliste du bitcoin. […] La raison pour laquelle le bitcoin avait de la valeur, à mon avis, était parce qu’il était une monnaie échappant aux frontières, une monnaie qui puisse être transférée entre deux personnes quelconques, à n’importe quel moment et pour quasiment aucun frais.


Sources

Friedrich Hayek, Pour une vraie concurrence des monnaies (The Denationalization of Money), octobre 1976.
Vitalik Buterin, On Bitcoin Maximalism, and Currency and Platform Network Effects, 19 novembre 2014.
Saifedean Ammous, The Bitcoin Standard: The Decentralized Alternative to Central Banking, mars 2018.
Sal The Agorist, The Economics of BTC Maximalism, 25 août 2019.
Arthur Breitman, On Supply Caps, 2 septembre 2019.

Je suis fasciné par les cryptomonnaies et par l'impact qu'elles pourraient avoir sur nos vies. De formation scientifique, je m'attache à décrire leur fonctionnement technique de la façon la plus fidèle possible.

9 Responses

  • Excellentissime article, comme toujours. Applaudissements !

    Répondre
    • Ludovic Lars

      Merci beaucoup !

      Répondre
  • GrosWesh

    Je me suis permis de poster des liens vers vos articles sur bitcointalk tant ceux ci sont interessants ! Merci pour votre travail de qualité, et bonne continuation 😉

    Répondre
    • Ludovic Lars

      Merci à vous !

      Ces articles ont vocation à faire réfléchir sur l’attitude à adopter pour accompagner l’expansion de Bitcoin et des autres cryptomonnaies. Comme je l’ai exprimé ici, je ne pense pas que le maximalisme soit la solution.

      Répondre
  • Lolo Polo

    Bonjour,

    Manifestement du travail et de la réflexion derrière cet article mais je suis en total désaccord avec vous…
    Je ne suis pas « BITCOIN maximaliste » mais sincèrement quand on s’interesse de près aux cryptos depuis un bon moment, on comprend beaucoup de leurs arguments… :
    – 99% des 2500 cryptos listées sur Coimarketcap sont tout simplement des arnaques pures et simples.
    – sur les 1% restants, combien sont réellement résistantes à la censure (non attaquables car suffisammment décentralisées et sécurisées ?) et avec des usages concrets forts ? Tous les « utility tokens » ne sont rien de plus que des « miles Air France » renommés cryptos par ailleurs…
    Vous dites sinon : « Les maximalistes ont tendance à croire que le problème de scalabilité sera résolu par des solutions (miracles) de surcouche comme le réseau Lightning et les chaînes latérales, mais à mon avis ce ne sera pas suffisant. D’abord, ces solutions ont leurs défauts et leurs limitations propres : le réseau Ligthning par exemple, a des problèmes inhérents de sécurité, de scalabilité et de liquidité ».
    Sur quoi vous basez-vous exactement pour affirmer celà (je parle de votre « solutions miracles » notamment? Savez-vous en proportion combien de développeurs travaillent sur Bitcoin et sur ces solutions 2layer comparé aux autres projets ? Vous seriez je pense étonné…Des problèmes inhérents ??Ah bon ? Des problèmes oui, non résolvables ça ça m’étonnerait…
    De Liquidité ? Forcément on est au commencement de ces solutions de scalabilité.
    Vous voudriez dès aujourd’hui une crypto forte sur tous les plans alors que concrètement peu de personnes dans le monde sont aujourd’hui prêtes à utiliser les cryptos comme moyen de paiement !
    J’avoue avoir plutôt du mal à comprendre les personnes qui veulent aujourd’hui mettre la charrue avant les boeufs… Il vaut mieux améliorer lentement le meilleur des projets que de se targuer d’avoir trouvé la blockchain 2.0, 3.0 voire 4.0…
    L’exemple le plus criant est le Bitcoin Cash : il suffirait d’augmenter indéfiniment la taille des blocs et hop tout est résolu !
    Les gens doivent comprendre que si ça avance lentement, c’est uniquement parce que la contrainte principale est de garder un réseau le plus décentralisé possible pour que Bitcoin reste non censurable. C’est ça sa valeur 1ere…
    Et donc les maximalistes ont raison d’exister pour remettre un bon nombre de personnes à leur place…

    Répondre
    • Ludovic Lars

      Bonjour,

      Merci pour ce commentaire, malgré notre désaccord.

      Je ne suis pas « BITCOIN maximaliste » mais sincèrement quand on s’interesse de près aux cryptos depuis un bon moment, on comprend beaucoup de leurs arguments… :
      – 99% des 2500 cryptos listées sur Coimarketcap sont tout simplement des arnaques pures et simples.
      – sur les 1% restants, combien sont réellement résistantes à la censure (non attaquables car suffisammment décentralisées et sécurisées ?) et avec des usages concrets forts ? Tous les « utility tokens » ne sont rien de plus que des « miles Air France » renommés cryptos par ailleurs…

      Je comprends aussi ces arguments, c’est pour cette raison que j’ai tendance à ne m’intéresser qu’aux plus grosses cryptomonnaies. Pour la résistance à la censure c’est un continuum donc certains protocoles de cryptomonnaie le sont plus que d’autres, et bien évidemment Bitcoin reste le plus résistant. Mais comme je le dis dans l’article il n’y a pas que ça : et si Bitcoin en venait à être de moins en moins confidentiel par exemple, la résistance à la censure ne serait plus aussi utile.

      Sur quoi vous basez-vous exactement pour affirmer celà (je parle de votre « solutions miracles » notamment? Savez-vous en proportion combien de développeurs travaillent sur Bitcoin et sur ces solutions 2layer comparé aux autres projets ? Vous seriez je pense étonné…Des problèmes inhérents ??Ah bon ? Des problèmes oui, non résolvables ça ça m’étonnerait…

      À titre d’illustration, dans l’article, je mets en lien une entrevue de Thaddeus Dryja dans laquelle il parle des limitations du réseau Lightning : https://www.youtube.com/watch?v=LnG5H62I7Ko

      Il faudrait que j’écrive tout un article là-dessus pour étayer mon propos (même deux : l’un sur Lightning, l’autre sur les chaînes latérales), mais je n’ai pas forcément envie de le faire parce que je pense que ces solutions ont un rôle à jouer malgré leurs problèmes.

      Dans le cas du réseau Lightning (puisque c’est la solution la plus plébiscitée) :
      – Premièrement, je sais très bien que beaucoup de gens travaillent dessus, mais ce n’est pas un argument (cela prouve surtout la complexité du système).
      – Deuxièmement, il est encore très expérimental (en témoigne la vulnérabilité récemment trouvée dans plusieurs implémentations) donc je ne pense pas que le présenter comme une solution qui sauvera Bitcoin est très sage.
      – Troisièmement, si vous étudiez un peu comment fonctionne Lightning vous verrez que, comme tout système du même genre, son fonctionnement a des contraintes, contraintes qu’on ne peut pas résoudre sans faire un compromis sur sa décentralisation.

      On verra bien comment cela évoluera mais on peut se permettre d’être sceptique non ? D’ailleurs si on est sceptique au sujet des altcoins, on devrait l’être à propos de Lightning selon moi.

      De Liquidité ? Forcément on est au commencement de ces solutions de scalabilité.

      Quand je parle de problèmes de liquidité, je parle de la liquidité au sein des canaux de paiement : les fonds qu’on peut envoyer sont limités par la capacité du canal, ce qui est problématique par rapport au fonctionnement on-chain qui ne requiert pas ce genre de chose.

      L’exemple le plus criant est le Bitcoin Cash : il suffirait d’augmenter indéfiniment la taille des blocs et hop tout est résolu !

      C’est caricatural et ça se rapproche plutôt de la vision derrière Bitcoin SV si vous voulez mon avis.

      Les gens doivent comprendre que si ça avance lentement, c’est uniquement parce que la contrainte principale est de garder un réseau le plus décentralisé possible pour que Bitcoin reste non censurable. C’est ça sa valeur 1ere…

      Je suis d’accord. Mon reproche ce n’est pas que ça avance lentement, mais ça risque de ne pas avancer du tout, si on écoute les maximalistes.

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    • Steve

      Bonjour,

      Je viens d’envoyer 2€ en Bitcoin Cash à notre hôte Ludovic pour son excellent article, il doit l’avoir déjà reçu à l’heure qu’il est (H+10min)
      Je vous invite à faire de même en BTC , à moins que vous ne le fassiez avec Lighning d’ici 18 mois, quand ça sera prêt? (c’est bien pratique)
      On pourra comparer combien ça nous aura coûté à tous les deux, et si vous n’y voyez aucun problème à l’horizon…

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  • Steve

    Salut Ludovic,

    Encore bravo pour cet article extrêmement bien écrit, dans un français impeccable!

    Je trouve cela étrange que le prix du bitcoin BTC soit encore si élevé pour le peu d’utilité qu’il a encore hormis la réserve de valeur. Tout autant que l’amélioration technique pour la scalabilité, c’est l’énergie à dépenser pour l’adoption qui doit être au moins équivalente.
    C’est pour cela que des personnalités comme Roger Ver sont vraiment essentielles si l’ont croit en l’importance de l’adoption par la plus grande masse. Même si je sais que tu l’as déjà critiqué (et qu’il a bien entendu ses défauts et un peu d’arrogance), il faut reconnaître que Bitcoin a eu cet engouement initial grâce à lui et BCH est maintenant voué à réussir grâce à une telle vision claire des choses, l’adoption.

    C’est bien simple, la communauté Bitcoin Cash est libertarienne et accorde une importance primordiale à la théorie monétaire, les maximalistes sont juste des techies avec une compréhension toute autre de la théorie monétaire. Je ne veux pas préjugé de qui va l’emporter au final mais je ne vois pas comment les libertariens aussi motivés et enthousiastes que RV ne finiront pas par l’emporter!
    Jamais on entendra cette phrase de ce côté :’Credit cards are more practical for spending’ (Samson Mow)

    Il ne faut pas présumé d’une petite bande d’idéaliste comme nous! Merci pour ton article 😉
    Steve

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    • Ludovic Lars

      Salut Steve et merci pour le pourboire 😉

      Je trouve cela étrange que le prix du bitcoin BTC soit encore si élevé pour le peu d’utilité qu’il a encore hormis la réserve de valeur. Tout autant que l’amélioration technique pour la scalabilité, c’est l’énergie à dépenser pour l’adoption qui doit être au moins équivalente.

      C’est bien à cause de l’effet de réseau que j’ai décrit dans le deuxième article : le BTC a conservé le nom de « bitcoin » et c’est donc principalement vers lui que se tournent les nouveaux arrivants pour spéculer.

      C’est pour cela que des personnalités comme Roger Ver sont vraiment essentielles si l’on croit en l’importance de l’adoption par la plus grande masse. Même si je sais que tu l’as déjà critiqué (et qu’il a bien entendu ses défauts et un peu d’arrogance), il faut reconnaître que Bitcoin a eu cet engouement initial grâce à lui et BCH est maintenant voué à réussir grâce à une telle vision claire des choses, l’adoption.

      Je ne sais pas quelle part a eu Roger Ver dans l’engouement initial autour de Bitcoin, mais il a certainement eu un rôle important oui. Ce qu’il fait pour Bitcoin Cash aujourd’hui au niveau de la communication est monumental.

      Je pense que la facilité d’utilisation est importante pour amener de nouvelles personnes et de nouvelles forces dans le système, surtout quand il s’agit de la première expérience qui forge l’avis général qu’aura la personne par la suite. S’il n’y avait pas eu Electrum en 2015, je n’aurais peut-être pas essayé Bitcoin avant longtemps.

      Je ne sais pas si BCH réussira (l’avenir est incertain et il a ses problèmes propres qu’il faudra corriger un jour ou l’autre), mais je l’espère.

      C’est bien simple, la communauté Bitcoin Cash est libertarienne et accorde une importance primordiale à la théorie monétaire, les maximalistes sont juste des techies avec une compréhension toute autre de la théorie monétaire. Je ne veux pas préjugé de qui va l’emporter au final mais je ne vois pas comment les libertariens aussi motivés et enthousiastes que RV ne finiront pas par l’emporter!

      La dichotomie n’est certainement pas aussi claire : il y a beaucoup de libéraux / libertariens du côté de BTC aussi, qui ont sans doute une bonne compréhension de la théorie monétaire, mais qui sont peut-être plus pessimistes (à tort ou à raison !). Et c’est ce pessimisme qui influence les compromis qu’ils sont prêts à faire.

      Jamais on entendra cette phrase de ce côté :’Credit cards are more practical for spending’ (Samson Mow)

      Cette propension à se vanter d’utiliser une carte bancaire (plutôt que Bitcoin ou une autre cryptomonnaie) m’exaspère.

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